lundi 26 avril 2010

"Le serpent qui danse"

A little glimpse on my last painting : "Le serpent qui danse" from a poem by Baudelaire.

Un petit aperçu de ma dernière toile : "Le serpent qui danse" , d'après Baudelaire.




Pour les Nantais, vous pourrez bientôt la voir en vrai aux Damoiselles, à partir du premier Mai.
Il y aura un petit vernissage le 7 Mai, mais je vous en reparlerai ;)

And just for the pleasure , the poem by Baudelaire :

The Dancing Serpent

Indolent darling, how I love
To see the skin
Of your body so beautiful
Shimmer like silk!

Upon your heavy head of hair
With its acrid scents,
Adventurous, odorant sea
With blue and brown waves,

Like a vessel that awakens
To the morning wind,
My dreamy soul sets sail
For a distant sky.

Your eyes where nothing is revealed
Of bitter or sweet,
Are two cold jewels where are mingled
Iron and gold.

To see you walking in cadence
With fine abandon,
One would say a snake which dances
On the end of a staff.

Under the weight of indolence
Your child-like head sways
Gently to and fro like the head
Of a young elephant,

And your body stretches and leans
Like a slender ship
That rolls from side to side and dips
Its yards in the sea.

Like a stream swollen by the thaw
Of rumbling glaciers,
When the water of your mouth rises
To the edge of your teeth,

It seems I drink Bohemian wine,
Bitter and conquering,
A liquid sky that scatters
Stars in my heart!

(translated by William Aggeler)

Et juste pour le plaisir, le poème de Baudelaire :



"Le serpent qui danse"


Que j'aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau!

Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle
De doux ni d'amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
L'or avec le fer.

À te voir marcher en cadence,
Belle d'abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d'un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D'un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s'allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l'eau.

Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l'eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de Bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D'étoiles mon coeur!


Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal


1 commentaire:

Lilidoll a dit…

C'est un très beau texte, et j'aime beaucoup ton interprétation :)